L’Evangile du Royaume


Saint Matthieu

                                                                                             

Marie-Pierre Morel


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   « Cet Evangile du Royaume sera proclamé dans le monde entier, en témoignage pour toutes les nations ; alors viendra la fin ». Ainsi écrivait saint Matthieu il y a deux mille ans (ch.24/14). Sommes-nous arrivés à ces temps de la fin ? Je le pense. Et de fait, l’Evangile a été proclamé dans le monde entier. Avons-nous cru ? Au Seigneur d’en juger. L’avons-nous vécu ? A chacun de s’examiner. Il apporte la génération sainte et la vie impérissable, et c’est bien en cela qu’il est « royal » ; « Règne de vérité et de vie, règne de sainteté et de grâce, règne de justice, d’amour et de paix » (préface du Christ-Roi). Où fut-il vécu ce Royaume ? - A Nazareth bien sûr ! «C’est là, écrit saint Léon, que Dieu a laissé un document qui sera la charte des familles qui adviendront dans le futur : (Bref : «Neminem fugit»). La mienne, la nôtre, la vôtre.


Prélude de l’ouvrage


 Père, que ton Règne vienne ! »


  Ce cri lancé par tant de poitrines sincères n’a pas encore percé la voûte des cieux. Le Règne de Jésus-Christ n’a pas fleuri sur la terre comme il s’épanouit dans le ciel. Les siècles se sont écoulés sans qu’advienne le repos des cœurs fidèles.


  Constantin souleva un espoir formidable.

L’Edit de Milan en 313 calma la haine des païens contre les amis du Christ, et accueillit le Christianisme comme religion d’Etat. Tout semblait gagné. Partout, sur les terres romaines, la ferveur s’accrut et l’Evangile devint la règle d’Or.


  Mais avec l’Evangile souvint le désordre.

  Les mœurs de la cité se débridèrent ; les prisonniers relâchés récidivèrent ; la colombe de la paix s’envola. L’empereur Julien (361-363) scandalisé, apostasia. Il revint aux dieux de l’Empire, pour assurer la sécurité de ses sujets. Ce fut le premier échec de la religion chrétienne.


Ce ne sera pas le dernier.

Désespéré par la prise de Rome en 410 par Alaric le barbare, saint Augustin transposa le Royaume de Dieu dans l’autre monde. Il renonça au Millénaire enseigné pourtant par les premiers Pères : saint Justin, saint Irénée… prophétisé par les Livres Saints. Il lui sembla que jamais le Royaume du Père ne pourrait s’installer sur la terre.


On vécut sur la pensée de ce vénérable Docteur.

Chacun se prépara à faire une bonne mort, afin d’avoir accès au bonheur céleste. Les plus zélés cultivèrent l’abnégation et la souffrance pour solver la dette de leurs misérables péchés, et échapper ainsi aux flammes de l’Enfer.


Et pourtant…

Déjà saint Paul annonçait le proche Retour du Christ. Il brûlait de l’espérance du Règne de Dieu sur la terre comme au ciel. Saint Pierre voyait « cette terre nouvelle et ces cieux nouveaux », où la Justice – enfin – habiterait, où les humains s’organiseraient selon les préceptes du Sermon sur la Montagne.


Alors que s’est-il passé ?

Quand l’Apôtre des Nations proclame : « Le Seigneur est proche » (Phil.4/5), « Le Salut est maintenant plus près de nous qu’au temps où nous avons cru » (1 Cor.16/22), se trompe-t-il ? Sa parole doit-elle être mise en accusation, vu que deux mille ans après ces événements, la gloire du Christ n’a pas encore illuminé notre planète ?


Eh bien, non !... Saint Paul avait raison.

Dès le jour de la Pentecôte le Christ était aux portes. Il était aussi proche du temps des Apôtres qu’il l’est encore de notre temps.


Mais voilà !

Ce qui a manqué, c’est la Foi.

Une foi parfaite eût assuré depuis bien longtemps le Retour glorieux du Christ et le Royaume de Dieu. Une foi exacte eût appelé le Roi du ciel et de la terre. Les premières Eglises ont fait défection : Corinthe, Thessalonique, Laodicée, Smyrne, Ephèse… « Tous m’ont abandonné », gémit Paul dans l’Epître à Timothée (II, 4/16). Très vite les Apôtres furent martyrisés, et le « Mystère de la Piété » enlevé (I Tim.3/16).


Reste Timothée, à qui Paul prescrit : « Garde le bon dépôt » (2 Tim.1/14).


Tel un trésor scellé,

l’Eglise a gardé le bon dépôt de la foi. Mais jamais la foi ne parvint à réduite l’iniquité du monde, ni à restaurer le Paradis perdu. Alors que Jean disait : « La victoire sur le monde, c’est notre foi » (I Jn.5/4). Pourquoi cet échec ? La foi serait-elle restée morte sur elle-même, comme saint Jacques déjà le déplorait en son temps ? Oui, malheureusement, c’est cela.


Qu’est-ce donc que la foi ?

Nous, chrétiens catholiques, nous répondons sans hésiter : « C’est le Credo ». Mais qu’est-ce que le Credo ? Est-ce une formule récitée rituellement, sans trop savoir ce que les mots veulent dire ? Ou bien est-ce la charte d’un comportement nouveau basé sur l’énoncé de la foi ?


Quel est le centre du Credo ?

« Conçu du Saint-Esprit, il a pris chair de la Vierge Marie, et il s’est fait homme ». Jésus est advenu homme en ce monde par la Vertu du Saint-Esprit. Sa génération diffère de la nôtre, et lui confère, dans sa nature humaine, la filiation divine. Dans son humanité Jésus-Christ a Dieu pour Père. Voilà qui est nouveau ! Voilà qui bouscule notre manière de penser et de vivre, nous qui imaginions qu’un seul mode de génération réglait la venue des hommes sur la terre.


Et si la génération sainte du Christ était la norme de la génération humaine ? Et si le véritable homme était Jésus-Christ, parce que né du Père ? Et si l’application pratique de la foi en Jésus fils de Dieu devait appeler sur la terre une génération conforme à celle du Christ ?


Alors oui, nous verrions s’approcher le Royaume et le Christ revenir sur les nuées du ciel. Ce royaume de Dieu, tenu en échec dans nos sociétés chrétiennes fut cependant vécu à Nazareth, au foyer de Joseph. La Sainte Famille devrait être le modèle de toute famille qui fait profession chrétienne.


Mais qui, jusqu’à nos jours, a osé mettre en application la foi de Marie ? Qui a rendu à Dieu la Paternité sur la terre comme au ciel ? Qui a respecté le sein virginal en vue d’une fécondité céleste ?


En connaissez-vous ? Alors ne vous étonnez pas si le Royaume n’est pas venu !


Mais moi,

je suis femme,

et fille de Dieu par mon Baptême.


J’entends bien ne pas déchoir de cette filiation adoptive : je me refuse à renouer avec l’antique Serpent qui suscita Caïn d’Eve, et multiplia dans le monde une espèce humaine courbée sous les sentences divines. Quand je lis l’Evangile à la lumière de la foi de Marie qui « crut que s’accomplirait en elle ce qui lui avait été dit par le Seigneur », je suis confirmée dans cette voie royale qui sanctifia le Nom du Père par la fécondité virginale. J’opte pour la mise en pratique de ma foi catholique. Qui osera me reprocher de calquer ma vie sur celle de Nazareth ?


J’invite le lecteur désireux de suivre mon explication de l’Evangile de saint Matthieu à se munir de l’Evangile lui-même pris dans une traduction classique : Crampon, Jérusalem, Osty… ou mieux, dans le grec original ; à lire, passage après passage, et à l’éclairer à l’aide de mon travail. Je n’ai pas repris systématiquement tous les versets. Je me suis attachée aux paroles ou aux enseignements les plus difficiles, afin d’en ouvrir le sens au lecteur par la clé de la Filiation divine de Jésus-Christ.


Ce commentaire respecte le texte dans son sens direct et obvie, le seul qui soit reconnu pour inspiré, et l’examine par la règle de la foi, exprimée par le Credo, comme l’Eglise l’a toujours ordonné.


J’ai voulu mon exposé concis, attaché à l’unique nécessaire : la Révélation que Jésus-Christ nous a faite du Nom de Dieu qui est « PERE ».




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